2006 est l'année européenne de la mobilité des travailleurs. Les sites, les études, les rapports, les iniatives sur ce thème fusent. Une occasion de faire le point sur cette question
1. Quelques chiffres et sondages pour commencer
a) Faiblesse des mobilités intracommunautaires
Selon Eurostat, moins de 2% des citoyens de l'UE-25 vivent et travaillent dans un Etat membre autre que leur Etat d'origine. Une proportion qui n'a guère changer depuis 30 ans.
En revanche, la mobilité transfrontalière entre Etats membres sans changement de résidence n'a cessé d'augmenter au cours des dernières années. Les frontières demeurent les véritables laboratoires d'intégration. Cela dit, cette mobilité est également peu importante. En moyenne, 0,2% de la population active de l'UE-15 fair la navette entre différents Etats membres. Le taux plus fort taux de mobilité transfrontalière étant enregistrer en Belgique avec 1,7% de résidants travaillant dans des pays voisins.
Cette tendance au développement de la mobilité transfrontalière existe également désormais entre les nouveaux Etats entrants comme par exemple entre la Slovaquie, la république Tchèque et la Hongrie.
b) Des mobilités pourtant jugées positives
Les citoyens européens apprécient majoritairement de manière positive les mobilités de longue distance que cela soit pour des raisons personnelles ou professionnelles. Les plus fervents partisans de la mobilité sont les irlandais et les danois (plus de 60% sont pour). Les grecs et les chypriotes sont les plus réticents (seulement 30% jugent positif les mobilités).
En outre, plus de 53% des citoyens européens considèrent que la liberté de circuler et de travailler dans l'Union européenne est l'un des atouts majeurs de l'Union européenne.
Pourquoi ces décalages entre l'appréciation positive des mobilités et le peu de mobilités réalisées dans la pratique. Les principales raisons sont connues:
- les difficultés linguistiques pour 50%; Si un européen sur deux parle au moins une autre langue que sa langue maternelle, ce chiffre cache de grandes disparités. 70% des britanniques ne parlent qu'une seule langue tandis que dans d'autres Etats tels que le Danemark, la Suède, les Pays Bas, les Etats Baltes, le Luxembourg, Malte, plus de 87 % de la population parle une seconde langue.
Sur les pratiques linguistiques des européens voir le site dédié au multilinguisme de la Commission européenne.
- les difficultés d'adaptation à une autre culture pour 20%
et puis bien évidemment, le fait de se couper de sa famille.
En toute logique deux raisons principalement poussent les européens à aller travailler dans un autre Etat européen:
- de meilleures conditions de travail
- des meilleurs conditions financières
Pour en savoir plus voir Europeans and mobility first results of an EU-wide survey
2. Libre circulation des travailleurs et élargissement
ECAS vient de publier son nouveau rapport sur l'application des mesures transitoires relatives à la libre circulation des travailleurs des 8 nouveaux Etats membres.
Pour un aperçu générales des mesures de transitions cf. DG Emploi, affaires sociales et aussi nos précédentes notes dans la catégorie élargissement.
Depuis le 1er mai 2006, Autriche, l'Allemagne et les Pays Bas ont maintenu des restrictions pour l'accès à leur marché des travailleurs des 8 nouveaux Etats membres. Toutefois, les Pays Bas ont annoncé qu'ils faciliteront l'accès à certains travailleurs saisonniers sur la base de quotas et qu'ils réviseraient leur législation le 1er janvier 2007.
Des mesures restrictives existent encore au Danemark, en France, en Italie, Belgique et Luxembourg.
5 Etats membres ont depuis le 1er mai 2006 complètement ouvert leur marché du travail: Finlande, Grèce, Portugal, Espagne, Italie. Ils rejoingnet ainsi les trois Etats membres pionniers (Irlande, Suède, Royaume Uni) qui ont dès l'adhésion en 2004 ouvert leurs marchés du travail.
Comme dans son précédent rapport ECAS souligne que les marchés du travail des 15 Etats membres n'ont pas été pertubés par un afflux massif de travailleurs des 8 nouveaux Etats membres. ECAS recommande l'acceptation complète de libre circulation des travailleurs des ressortissants des 8 nouveaux Etats membres au nom du renforcement de la citoyenneté européenne.
3. Parution de rapports sur certains aspects spécifiques de la libre circulation des personnes
La question de la mobilité des patients fait l'objet de deux nouvelles contributions:
- Patient mobility, learning from experiences edited by Magdalene Rosenmüller, Martin Mc Kee, Rita Beaten
- L'assurance maladie en Europe, étude comparée, Philippe Garabio, question d'Europe n°37, 4 septembre 2006,
De son côté et toujours sur ce même thème, la Commission européenne vient de lancer une consultation publique, en vue de faire des propositions officielles en 2007. cf son communiqué de presse
Et enfin la mobilité dans le cadre du secteur public, a fait aussi l'objet d'un récent rapport, cf. cross border mobility of public sector.
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